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Réflexions



LA LIBERTE


C’est bien beau de revendiquer plus de liberté tant qu’on n’a pas réfléchi sur ce qu’est la liberté.

Comment définir la liberté : « Faire ce que voudra » écrit par Rabelais pour l’abbaye de Thélème semble dire qu’être libre c’est faire tout ce que l’on veut. Mais sait-on vraiment ce que l’on veut, je voudrais bien être riche par exemple, mais suis-je libre de le devenir ? Je voudrais bien flirter avec la jolie demoiselle que voilà mais en a-t-elle envie ? Entre nos rêves et nos envies, notre liberté se trouve vite déçue. Ces désirs sont-ils sincères ou tout simplement suscités par l’envie, la jalousie, la mode. Il arrive souvent que la satisfaction de ces désirs ne procure finalement qu’un autre désir, devenu une autre contrainte.

Le croyant est-il libre de croire ? L’athée de ne pas croire ? Ou n’est ce pas le résultat une longue histoire familiale, culturelle et sociale qui nous enferme dans nos façons de penser ?

Est-il libre dans sa tête celui qui se passionne que ce soit pour une science, un sport ou pour un jeu à la con ?

Etre libre de choisir nos habitudes, est-ce une liberté ou une obligation que des circonstances nous ont fait admettre de peur de perdre une autre liberté : Celle d’être reconnue du groupe dont on fait partie.

Avant tout il nous faut donc réfléchir sur ce qu’est la liberté.

Première proposition : serait-ce un droit, tel que semble nous l’enseigner la constitution. La loi nous donne le droit de rouler sur les routes mais avec tant de règles d’interdit de contraintes, limites que cela ressemble fort à une absence de liberté. Nous avons le droit de nous exprimer, mais attention pas trop fort, pas trop méchamment pas trop ouvertement, « Sarkosy je te vois ? » Hop en justice ! « Casse toi pov' con » hop au tribunal ! Le droit de se déplacer mais pas si vous êtes afghan, Le droit de travailler ? Sans blague j’en connais qui voudraient bien! Le droit d’habiter oui si ton compte en banque est bien alimenté! Le droit de se soigner ? Si tu n’es pas trop loin de l’hôpital et encore à condition que tes papiers soient en règle, tous les droits sont entravés de devoirs et de règles, le droit de vivre ? Sauf en cas de guerre ou même juste un peu trop d’amiante, et de toute façon sans sortir des clous ! Le droit de consommer ? Ah ca oui, mais faut payer, et payer la taxe. Le droit de vote ? A condition de n’en choisir qu’un seul parmi ceux à qui ont a accordé le droit de se présenter. Finalement la définition cette liberté part toujours d’un absolu théorique affirmé haut et fort pour ensuite le réduire à des limites qui augmentent au fil des nouvelles lois.

Seconde proposition : la liberté serait un combat : Se battre pour être libre, revendiquer prendre la liberté comme drapeau, plus de contrainte, vive l’anarchie, à bas la calotte, à bas des tyrans. Cette liberté là consiste à se l’approprier, avoir plus de liberté que les oppresseurs comme si ceux là nous avaient pris toute la liberté pour en faire leur propre usage. Or qui sont-ils ces oppresseurs, sont-ils vraiment libres ? Que ce soit ces nobles asservis à leur monarque, ce roi même engluées de décorum et d’obligations dont toute la liberté consiste à parfois s’échapper quelque peu du protocole pour se vautrer dans des luxures dont je ne suis même pas sûr qu’il en soit satisfait. Sa première liberté consistait à priver tous ceux qui lui déplaisaient de leur propre liberté. Et ces grands capitaines d’industrie, libre de fixer leur temps de travail leur propre salaire, peut-être oui, mais souvent astreint à de longues journées de travail se battre contre la concurrence, les syndicats, les financiers, les nouveautés. Sa liberté consistait à détenir le droit de licencier ou d'embaucher, belle liberté que celle de mettre les autres en soumission ou de le mettre au banc de la société suivant qu’on lui plait ou non. C’est cette liberté là que les grands revendicateurs souhaitent conquérir ? A effectivement quel joie lorsqu’une bribe de liberté change de main mais ce qui est gagné par l’un et perdu par l’autre dans une rivalité sans fin et sans espoir. L'histoire montre que quand la liberté change de camp, l'oppression elle aussi change de camp.

La liberté cela se prend dit-on ! A qui et comment, car celui qui prend sa liberté le prend au dépend d’un autre, une classe sociale décide un jour de ses propres lois en privant la classe dominante de la liberté d’appliquer les siennes. La liberté s’arrête où commence celle du voisin ? Sans blague, dites cela au clochard qui passe dans la rue, où s’arrête sa liberté à lui là ou commence la votre ? Imaginez cette phrase dite par le garde de l’hacienda à l’ouvrier agricole qui passe dans sa roulotte ?

Troisième proposition : Serait-ce une émotion que nous éprouvons chaque fois qu’une situation de choix fait appel à notre seule décision sans l’impression de subir une contrainte externe. Donc la définition de la liberté ne relève pas d’une analyse intellectuelle mais d'un état émotionnel de changement possible de situation. Exemple le prisonnier découvre le moyen de fuir, cette liberté n’est que la fin d’une situation douloureuse, plus simplement sortir du travail dominical pour profiter librement du week-end, C’est plus le changement de situation qui plait, qu’une sage décision de mise en situation de décider librement. Pour définir la liberté, nous devons juste comprendre les causes ce ressenti agréable, posons nous la question de savoir pourquoi cette situation de pouvoir choisir s’est produite ? Nous sommes-nous mis dans cette situation par incertitude ? Quelques conditions nous ont-elles permis de jouir de cette situation.

Puisque c’est un sentiment comment le provoquer ? Nous avons vu plus haut que c’est un changement de situation toutes les fois où l’on passe de moins de choix à plus de choix, mais alors comment se sentir libre si nous nous enfermons dans nos propres choix, nous devons au contraire apprendre, ouvrir nos possibilités de choisir, étendre nos capacités cognitives vers des domaines que nous n’avons pas encore exploré. Celui qui se sent le plus libre est l’explorateur d’un nouveau monde ou de nouvelles connaissances.

Mais comment explorer ces mondes en restant enfermés dans notre univers, après tout nous ne nous intéresserons jamais qu’à ce qui nous intéresse non ? Donc nous devons nous stimuler à explorer ce dont à priori nous ne connaissons rien, si des mondes qui nous sont inconnus existent, ils ne seront pas de notre fait mais seront issus des connaissances des autres forcément, c’est en ouvrant notre porte aux autres que nous ouvrirons notre propre liberté vers des espaces nouveaux. C’est donc en acceptant de libérer notre attention de nous même, de libérer la parole de l’autre que nous pourrons l’entendre sans à priori. Finalement la liberté ne se prend pas elle se donne, et notre sentiment de liberté ne sera parfait que lorsque nous donnons de la liberté aux autres, liberté de s’exprimer d’être différents d’être écouté. En libérant l’oiseau vous vous sentirez libre, en ouvrant la porte à l’étranger vous vous sentirez libre. Jamais vous ne vous sentirez libre si vous interdisez, enfermez, catalogué celui que vous méprisé. Ne serait ce que parce que vous vous serez obligé de le surveiller, pour interdire une liberté à l’autre on se retrouve enfermé nous même à maintenir cette interdiction et c’est d’autant plus contraignant que la contrainte est forte. Il est plus important de se sentir libre que de l’être réellement. Un ancien taulard m’a dit : « Je ne me suis jamais sentit plus libre qu’en prison », au moins là plus besoin de faire attention, de s’obliger à penser ou à faire ce qu’il faut.

Promenez vous avec un chien sans laisse, il court où il veut, librement, vous marchez à votre rythme. Mettez-le en laisse, c’est autant le chien que vous qui est tenu en laisse.

Vous voulez vous sentir libre ? Alors donnez, construisez, offrez de la liberté. Apprenez aux autres à être libre c’est la seule façon de l’être vous-même.


La liberté ne se prend pas elle s’apprend.
La liberté ne se prend pas elle se donne.
Apprendre à donner construit votre liberté.

Page écrite le 27/10/2009

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Mon opinion sur cette page :
(aide) Page mise à jour le
20-04-2010 à 19:46
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Commentaires et dialogues pour cette page

Intervenant SDVISTE - le 01-11-2009 à 08-01

La liberté?

Tout citoyen peut il se loger ,voire devenir propriétaire de son logement? oui à condition qu'il soit financièrement corret.
Sinon, s'il n'a plus aucun revenu, il lui reste les tentes des DON QUICHOTTE;
Est-ce cela la liberté?
Même question pour l'accès libre à la nourriture, heureux celui ou celle qui dispose d'un revenu suffisant, l'autre peut toujours aller aux restos du coeur.
Est-ce cela la liberté?
En bref, la misère des uns est elle un principe de liberté pour les plus aisés?
Comment pourraît-on retrouver la liberté, la vraie, celle qui permet à tout citoyen de vivre dans la dignité?
Il nous reste un seul moyen de pression, le droit de vote. Mais droit de vote ne veut pas dire , voter pour un candidat représentant le système ,qu'il soit de droite ou de gauche.
Si l'on veut changer de système afin que chacun retrouve la liberté , celle qui nous redonnera la dignité d'être un citoyen et la fierté d'appartenir à une vraie république,il nous faudra voter pour une idée et non un candidat.
Une idée défendue par un ou plusieurs citoyens dont la candidature à une élection présidentielle est rendue impossible par la complexité des règles à respecter.
Imaginons que le SDV dont je défend le principe,  qui serait une véritable révolution s'il était mis en place, imaginons que d'ici 2012, le concept a fait son chemin grâce à internet et le bouche à oreille. Imaginons que le mot d'ordre soit "voter SDV" en 2012.
Imaginons des millions de Français allant déposer dans l'urne un bulletin SDV (salaire de vie), les médias ayant été mis au parfum, il est évident, que le mouvement de révolte serait lancé au lendemain de cette élection.
Les représentants du système ,discrédités par le vote des citoyens, ce vote représenterait une revendication silencieuse mais qui ferait énormément de bruit , sans tirer un coup de fusil, sans descendre dans la rue et tout casser.
Les médias seraient obligés d'informer et le ce serait le début d'une révolution en vue de changer le système.
Voilà comment je vois la liberté, du moins comment lui redonner tout son sens, il nous reste un moyen d'expression . Le droit de vote, alors exprimons nous et revendiquons ce qu'aucun représentant du système ne proposera avec leur belles paroles.
http://asdv.e-monsite.com/rubrique,le-sdv-en-texte-court,319881.html

JPB

Intervenant olivier - le 03-11-2009 à 15-00

j'aime l'idée que la liberté peut se donner, mais je pense qu'elle peut aussi se prendre. Elle n'est pas forcément prise à quelqu'un, elle peut être prise comme on prend la route. La question alors ne serait pas comment ne pas empiéter sur la liberté du voisin mais comment lui laisser la possibilité de prendre sa part de liberté: éducation, conditions matérielles minimales. Le salaire de vie ne me paraît pas absurde dans le principe. D'une certaine manière il existe déjà dans la mesure où l'état se repose sur les associations (dont les restos du coeur entre autres) pour assurer le minimum vital, mais d'une manière inégalitaire et donc humiliante.
Donner des moyens de vivre matériellement à chacun sans la contrepartie d'un service minimum rendu au fonctionnement de la société me semble impensable. Je ne crois pas que la contrainte soit un bon moyen d'éviter que des profiteurs se servent d'un telle possibilité pour se reposer sur le travail des autres.
L'éducation (mais peut-être pas le système éducatif actuel) me semble être la seule possibilité de faire prendre conscience à chacun de l'importance de l'équilibre nécessaire et juste (par ailleurs très délicat à définir de manière générale) entre effort fourni et garantie matérielle.

Intervenant MoZYGuS - le 19-04-2010 à 21-44

finalement vous rejoingnez le même principe même si vous partez d'un point de vue différent :
la liberté ne se prend pas mais s'apprend... par l'éducation surement, citoyenne et familiale de concert.
Ainsi une personne l'ayant apprise, comprise et assimilée peut alors la saisir à pleines dents et sourire :)
qu'il l'a communique à un autre et elle en sera d'autant plus grande car il pourra la partager. car être libre seul ne mène nul part car par défaut de comparaison et de partage avec d'autres. (comme cette blague le dit si bien : connaissez vous la différence entre un pigeon ?) et ???
ce qui est sur c'est que le pigeon-ci n'est pas libre !
apprendre la liberté de vivre avec les autres... tout un programme !