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Brouillons pour une constitution
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Les exemples que j’ai donnés demandent tout de même une certaine atténuation. J’ai des amis en Algérie et j’y suis accueilli à bras ouverts, la remarque sur l’Islam demande à être remise dans le contexte.
Un ami Algérien me disait que l’Islam interdit de tuer les animaux. Comme je lui rétorquais que ça n’empêchait pas les musulmans de manger de la viande, il m’avait répondu que dans le monde islamique égorger n’était pas tuer mais purifier.
À cette époque, des terroristes se réclamant de l’Islam égorgeaient les populations, et je n’avais pas manqué de reconstituer le lien logique. Pour le reste, je n’ai jamais eu à me plaindre des Algériens, bien au contraire.
La morale de l’Islam ne me plaît pas beaucoup, à vrai dire. Pour avoir assisté, en France, à une conversion, j’ai pu en connaître le fondement : on fait le bien pour mériter le Paradis. Un tel principe, partagé par les Témoins de Jéhovah, me semble dangereux en ce qu’il fait pencher la morale vers une sorte de réglementation qui à terme peut se substituer aux principes bienfaisants et à la conscience. Le terrorisme qui sévissait à cette époque en est l’illustration frappante, et c’est à lui que je fais allusion.
Mais il n’a concerné qu’une frange de la population, que je n’ai d’ailleurs pas côtoyée malgré que mon premier séjour date de cette période trouble — mais il était un filigrane omniprésent.
Quant aux Algériens que j’ai connus et que je connais, je me garderai bien de soupçonner un calcul dans leur sens de l’hospitalité remarquable. Et quitte à leur déplaire puisque je ne suis pas croyant, je les soupçonnerais plutôt d’être serviables et hospitaliers malgré le Coran, ou indépendamment de lui, et même quoi qu’ils en disent.
Quant aux droits de l’Homme, il ne faut pas oublier qu’ils régissent non seulement les rapports des gouvernants avec leurs populations, mais aussi ceux des hommes entre eux. En ce sens, ils doivent être entendus comme des devoirs. Les droits de l’homme sont les devoirs de l’humanité et de chacun.
J’avais complètement oublié ce texte, qui d’ailleurs n'avait pas été rédigé pour un affichage en public, sans quoi j’en aurais un peu plus travaillé le fond et la forme.
Il a existé une Constitution en France qui était précédée d'une Déclaration des Droits et des "Devoirs" de l'Homme. C'est la Constitution de 1793 (texte de la 1ère République jamais mise en oeuvre).
Rappeler dans un texte fondamental la notion de "devoir" de l'être humain me semble en effet important dans un siêcle où l'individualisme et l'incivilité deviennent permanentes.
La notion de "fraternité" contenue dans la Devise de la République implique que chaque citoyen n'est pas seul au monde et qu'il doit "considérer" les autres envers lesquels il a de facto certains "devoirs" ou certaines "obligations".
Claude Gueydan
Maitre de Conférences Honoraire à la Faculté de Droit d'Aix-Marseille