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Brouillons pour une constitution
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Très intéressant... (http://www.valeryschollaert.com)
Cette page a généré plusieurs commentaires à lire sur le site Yahoo, question ouvertes.
M. Trazibule, Je viens de lire votre texte. Je suis allé consulter votre site que je trouve très riche et vivant d'échanges. Je partage votre manière d'analyser la question du droit de disposer de son corps. Il apparaît qu'il est difficile d'éviter un examen cas par cas. L'information préalable du preneur de risque par rapport aux risques que son entreprise ferait courir à d'autres hommes susceptibles d'être accusés de non-assistance à personne en danger, par exemple. J'avoue que sur la question de l'euthanasie, je ne suis pas encore parvenu à trouver une position satisfaisante dans tous les cas. Le suicide? Ici, au-delà ou en-deça des dogmes religieux, la libre analyse philosophique peut-elle tout ranger sous la responsabilité d'une liberté dont il devient souvent difficile de continuer de créditer le candidat au suicide et psychologiquement dérangé? C'est très complexe. Je me retrouve tout-à fait dans votre manière de traiter la question.
Bonjour Trazibule,
Votre site est intéressant et rafraichissant sur beaucoup de sujets, qu'il aborde en faisant "tabula rasa". Cet article ne fait pas exception. Cependant, je ne peux que montrer mon désaccord. En effet, autant pour des questions économiques ou politiques, l'aspect "morale/éthique/religion..." intervient peu ou pas.
Autant dans les lois d'une société, ses règles et ses tabous, on ne peut pas analyser le pb sous l'angle de la liberté individuelle. Cette idée de placer la liberté au dessus de tout est typique de la philosophie subjectiviste moderne (qui règne depuis le 18e siècle).
Je suis donc en total désaccord avec ce que vous écrivez, pour la simple raison que nous ne partons pas des mêmes postulats. Comme une minorité d'occidentaux, mais comme 80% des gens sur terre, je crois que l'humain est composé d'une ame et d'un corps. Cette ame est liée à un Dieu, un être suprême, appelez le comme vous voulez, qui a créé une "nature" humaine, c'est à dire un ensemble d'inclinaisons et de règles intrinsèques à l'espèce humaine. De cette nature, découle ce qu'on appelle une "loi naturelle" : ce sont des règles "internes" à l'homme, comme des variables de configuration dans un programme informatique, on ne peut pas s'en passer, ou gare aux bugs.
Des exemples de loi naturelles, ce sont spécialement dans les domaines sociétaux : le refus de l'avortement, de l'euthanasie, de la banalisation de l'homosexualité.. tous ces thèmes ne sont pas spécifiques à une religion, mais communs à toutes. Sans tomber dans des extrêmes d'inquisition, il est du ressort de l'ordre politique de faire respecter un minimum de lois morales. Ces lois aident les humains à avoir une vie plus heureuse, car elles sont comme un mode d'emploi
Partir de la liberté comme point de départ de la réflexion, c'est comme penser à la meilleure utilisation possible d'un grille-pain en disant "liberté avant-tout, supprimons les contraintes comme la nécessité d'être branché, de chauffer, d'avoir du pain en réserve etc...". On peut trouver très facilement des analogies, par exemple "brancher le grille pain est contraignant, je décide que cette règle n'existe plus" (résultat : rien ne marche) revient pour la loi naturelle, à autoriser l'euthanasie, alias suicide assisté (résultat : rien ne marche.. la vie est supprimée).
Ce leitmotiv de liberté est une posture idéologique (inventée par les francs maçons), qui n'est pas ancrée sur le réel. Le grille pain n'est pas propriétaire de lui-même, et ce n'est pas non plus le "groupe des grille pains" qui est propriétaire. Il y a des règles internes aux grilles pains qui ont été créés par l'inventeur du grille-pain, à savoir l'humain. Il en va de même pour nous : il est extrêmement orgueilleux de penser que les humains se sont auto-engendrés (on en revient de toute facon au problème de la poule ou de l'oeuf...); il est au contraire sage de reconnaitre notre faiblesse et petitesse par rapport aux forces qui nous entourent, celles de la nature que nous polluons, et celles qui nous ont créés : Le vrai propriétaire de notre corps, c'est l'être suprême qui a créé l'humanité. Notre liberté est limitée par les règles qu'il nous a imposées.
On a beau critiquer les religions, les pires excès de l'humanité ont été réalisés par des athés comme Staline ou Hitler. Toutes les guerres de religions du moyen age réunies ont moins tué en %age que la 2e guere mondiale. L'instabilité dans le monde est directement liée au recul des religions. Pensez-y : partez toujours des faits pour remonter à leur cause.
Espérant avoir élargi votre vision des choses.
Fort heureux de vous avoir rafraichi ! Rires.
Vous partez d’une hypothèse : L’existence de Dieu, je pars d’une autre son inexistence. Je présume que depuis
la nuit des temps si l’un de nous avait raison cela aurait été démontré.
Vous divisez l’homme entre âme et corps, ce qui pour moi est déjà une erreur, essayez déjà de répondre à cette question simple :
A quel moment de l’évolution très progressive du minéral à l’animal puis à l’humain, se serait tout d’un coup greffé une âme
à l’homme ? J’espère que vous ne prônez pas le créationnisme, sinon tout dialogue se heurte à aux découvertes archéologiques
qui toutes sans exception vont à l’encontre de cette idée dont un seul livre parmi tous serait la preuve et encore sous
certaines traductions.
Votre idée de Dieu présuppose un axe défini qui serait le bien avec une voie royale à suivre, et toutes les autres seraient
le mal à proscrire. Déjà la notion de libre arbitre devient problématique dans ce cas, non ?
Mais continuons, le dessein intelligent d’un être suprême défini un bien et un mal, d’après vous, or selon vos livres Dieu
aurait précisément chassé Adam et Eve du paradis parce qu’ils ont voulu connaitre le bien et le mal ? Curieux symbole qui
interdit de connaitre la loi que l’on doit suivre ?
Les lois naturelles qu’observent les sciences sont tout autres, elles essayent dans toutes les
directions et ce qui est le « bien », est ce qui survit et encore, parfois les retournements sont spectaculaires. A coté de
la loi du plus fort et du plus grand existe la loi du plus solidaire, la fourmi survit ainsi au Tyrannosaure. Après
la loi du mieux armé : le tigre aux dents de sabre, survit la loi du faible qui réfléchi, l’homo sapiens.
Pour moi il n’existe pas de but et de chemin mais seulement de l’expérimentation, dans toutes les directions, il n’existe
pas un alpha et un oméga mais une explosion de possibilités de plus en plus complexes, ce ne sont pas des chemins qui convergent
vers le même sommet mais des chemins qui partent d’une même origine pour explorer tous les possibles. Vraie ou fausse, je
trouve ma vision théorique un peu plus productive que vouloir tout ramener à un seul but unique.
Avortement, euthanasie, homosexualité, sont déjà des choses qui ne se mélangent pas sous une même morale. Ainsi
l’homosexualité est un comportement tellement naturel que toutes les races de mammifères la rencontrent sans problème,
même leurs corps sont construits pour cela. Il est vrai qu’un hétérosexuel ne peut pas comprendre et par un réflexe,
naturel lui aussi, de rejet de tout ce qui n’est pas comme soi, il rejette l’homosexualité comme il rejette ceux qui
sont différents de lui, réaction archaïque de défense de son cerveau limbique.
L’avortement est tellement naturel n’en déplaise à votre Dieu, que même des animaux savent trouver les plantes adéquates
quand ils sentent que cela devient nécessaire. Si la prostitution est le plus vieux métier du monde, l’avortement et la
contraception datent forcément de la même époque.
Oui vous avez raison les religions sont toutes d’accord pour critiquer ces trois pratiques ? Du moins les
trois religions issues du même livre ! Ne généralisez pas le thème religieux à ces seules religions. Je suppose que les
religions asiatiques qui faisaient l’éloge de la sexualité sous toutes ses formes, avaient probablement un autre point de
vue sur ces thèmes. Il faudrait faire des recherches, les religions grecques antiques qui tenaient en très haute estime une
forme de prostitution religieuse, devaient elles aussi avoir un autre avis.
Avortement, euthanasie et homosexualité avaient un inconvénient majeur du temps où la chair à canon était indispensable
à la grandeur d’un pays, les trois limitaient la population. Aujourd’hui avec la surpopulation il n’existe plus beaucoup de choix :
• Le génocide programmé pour l’espace vital, version Hitler, (qui au passage a fait graver « goth mit uns » sur
le ceinturon de ses soldats ce qui pour un supposé athée me parait contradictoire).
• L’autre solution est la civilisation qui se traduit en général par une baisse des naissances sauf les cas où cette
« civilisation » est à consonance religieuse.
La seule loi morale à respecter est celle qui crée des liens, engendre des bonheurs, je ne crois pas voir de morale dans
l’acharnement thérapeutique, la seule justification possible pourrait être de permettre aux médecins d’expérimenter de
nouvelles techniques pour prolonger la vie. Or cette expérimentation humaine doit pourtant paradoxalement choquer l’esprit
des mêmes religions.
Ce ne sont pas les principes des uns, aussi honorables et sincères possibles, qui doivent s’imposer aux principes des autres
car eux aussi sont sincères.
Je me méfie des modes d’emploi dogmatiques surtout quand l’histoire démontre qu’ils changent quand le vent tourne. Ainsi
les catholiques ont milité pendant des siècles contre les juifs accusés du meurtre du Christ, mais aujourd’hui ils ont
viré casaque sans même reconnaitre leur erreur, quitte à nier leur propre histoire.
Comparer les lois humaine au fonctionnement d’un grille pain, est facile pour démontrer ce dont on est convaincu, mais
donne une piètre image de l’homme. Mais je relève la comparaison ! Car l’euthanasie revient à décider de conserver le
grille-pain même s’il est en fin de vie, qu’il devient dangereux pour lui et les autres, même s’il n’arrive plus à griller
quoi que ce soit ! J’ignore ce qu’en pense le grille-pain, pourtant si on lui demandait et qu’il décide lui-même de finir
son existence, vous voudriez quand même le laisser continuer à rouiller dans votre cuisine ! Là est le bug je pense.
Les humains se sont pas auto-engendrés, pas plus que la poule et l’œuf, mais sont le résultat d’une longue évolution en
millions d’années que toutes les sciences explorent en détail chaque jour plus précis »ment. Chaque génération continue à
engendrer des enfants dotés de dizaines de milliers de neurones supplémentaires par rapport à ses propres parents. Face aux
milliers de chercheurs qui travaillent vous croyez encore dans les écrits d’un seul livre archaïque ? Même ce livre est
d’ailleurs historiquement interprétable de façons fort différentes suivant les hypothèses du lecteur.
Les états les plus stables sont précisément ceux qui ont su se séparer de l’emprise religieuse. Les instabilités survivent
précisément dans les zones encore soumises aux dictats religieux. Je pars des faits et j’en présuppose des causes, je peux
me tromper. J’affirme pourtant avec vous qu’entre la bestialité et la civilisation, la religion a joué un grand rôle civilisateur,
en imposant dans la tête de chacun une conception morale. Mais je pense que cette étape est derrière nous, après d’autres
étapes de civilisations telles que les grands empires, ou l’invention de l’agriculture.
J’espère que ma passion pour ces questions ne donnera pas l’effet d’une agressivité que je n’ai pas. Je suis conscient
que ce qui me fera le plus évoluer est celui qui ne pense pas comme moi, alors revenons au débat.
Pour moi le corps n’est pas une propriété individuelle mais il est issu de toute notre civilisation, quelque part cette
civilisation a des droits envers ce corps qui a lui aussi ses droits. Pour le respect de ces droits, cette civilisation
a des devoirs de son coté, mais l’individu a aussi des devoirs envers elle.
Ce respect réciproque entre l’individu et le groupe qui l’a engendré, ne se résout pas dans des principes de doctrine
quasi automatique ou des lois, mais dans un rapport humain respectant la volonté individuelle celle de la famille et
des possibilités médicales et sociales.
Long texte dont la synthèse est difficile ...
Il est brillant, comme d'habitude, et ne lmérite que des éloges. Cependant, je voudrais amener une petite pierre.
Dans notre monde en expansion, il y a lieu de ne pas poser de lois trop figées. Il serait bon qu'elles soient intituées pour des temps limités, donc prévoient dans leur texte même des limites à leur pouvoir. Ainsi, lorsque vous proposez des solutions à caractère législatif, c'est bien, mais ces velurs nne sont relatives qu'au moment (plus ou moins long) dans lequel nous sommes. Après... nous verrons, et les lmois actuelles ne doivent avoir qu'une portée limitée dans le temps, même les plus fondamentales.
Pour ce qui est de votre échange de vue avec Spiritoo, je voudrais dire à ce dernier que je partage son avis : la terre est plate, elle est le centre de l'univers, les juifs ont tué le Christ, l'Homme a été créé par Dieu, la femme d'une de ses côtes, il n'y a qu'un seul Dieu, un seul Reich, un seul Führer, tout va bien ainsi, c'est quand même pas compliqué! ...