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17-04-2020 à 12:41
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Nos valeurs républicaines

Economie et laïcité.


La justice USA à fait condamné BNP Paribas, fin juin, à payer 8,9 milliards de dollars (6,5 milliards d'euros) pour avoir violé des embargos américains contre le Soudan, Cuba et l'Iran, Cet embargo décidé par les Etats-Unis entraine que la justice américaine s’applique à une banque française faisant partie du CAC40.

Cette même justice américaine attaque l’Argentine au profit des fonds vautours, La Cour suprême des États-Unis a refusé de se saisir d’un ultime recours de l’Argentine sur sa dette.
Autrement dit les juges américains sont susceptibles d’appliquer leur loi aux autres pays pourquoi ? Suite à des accords économiques rédigés par des spécialistes souvent non élus pour construire une ouverture des marchés entre le plus grand nombre de pays.

Aujourd’hui ces accords se multiplient : TAFTA, CETA, TISA, dont nos élus eux-mêmes n’ont pas accès au contenu exact des négociations, les négociateurs travaillant sous leur propre responsabilité très loin de la notion de démocratie et de transparence. Or la Constitution prévoit que les Traités internationaux s’imposent aux signataires.

Suivant ces accords une entreprise privée pourra attaquer en justice un état s’il prend des décisions ou édicte des lois qui pourraient nuire à sa rentabilité.
Autrement dit les entreprises pourront imposer leurs règles à celles de la démocratie. La justice (Sera-t-elle toujours US ?) condamnera les décisions des peuples exprimées via leurs gouvernements au profit d’une entreprise sur le seul argument de sa recherche de profit.
Pire encore cette justice est une justice privée, par une justice d’état, et ses jugements sont définitifs, donc sans recours possibles.

C’est une porte grande ouverte pour imposer OGM, hormones, pesticides, produits chimiques dans la nourriture, interdire les services sociaux qui pourraient concurrencer des services privés, bref les multinationales imposeront leurs lois à tous les peuples.
Ainsi par exemple un peuple ne peut pas interdire les gaz de schistes si l’accord sur le commerce de l’énergie garantit pour les entreprises privées « un accès libre et durable aux matières premières ». La loi d’interdiction des gaz de schistes disparait donc, sans vote, engloutie par le TAFTA qui s’impose.

Quel rapport avec la laïcité ?

Imaginez qu’un état religieux décide d’installer une école privée pour transmettre ses dogmes, avec ces accords économiques, l’état pourra se retrouver condamné s’il veut interdire cette école quel que soit son enseignement même le plus extrémiste ! Il suffira aux sectes d’avancer l’argument du risque de pertes commerciales pour purement et simplement interdire à l’état d’émettre des lois laïques. Imaginez par exemple ce que feront la scientologie, les écoles coraniques, l’opus dei,… Une université privée pourrait enseigner la charia, le révisionnisme, le créationnisme, sans que l’état ne puisse s’y opposer.

Interdire aux états d’être laïc devient possible !

La prédominance de l’économie sur les choix populaires est issue de l’imposition dans les lois, du dogme de « l’économie libérale » (qui n‘est ni de l’économie ni même une liberté) l’exemple le plus clair est cette « constitution européenne » refusée par le peuple imposée par les élites, c’est aussi ces lobbyings des grandes entreprises qui ne sont au fond qu’une forme de corruption officialisée.

Est-ce que l’économie libérale est un dogme ?

Oui plusieurs signes le montre, il existe déjà des cas de procès perdus avec de grosses pénalités suite à la parution de textes risquant de porter atteinte à la confiance et l’image de marque d’une entreprise : Jean-Pierre Chevallier en a fait l’amère expérience, le crime de lèse-banque peut vous coûter cher, c’est comme un crime de blasphème.
Ce dogme a aussi interdit au prix Nobel de l’économie français Maurice Allais de s’exprimer à la Télévision, car ses thèses allaient à l’encontre de la pensée économique dominante.
Ce dogme s’enseigne dans toutes les grandes écoles et universités, sans contradicteur.
A Aix en Provence face au « cercle des économistes » structure officielle, une contre manifestation a rassemblé des économistes hétérodoxes, (mot bien choisi) considérés par l’administration comme des hérétiques dangereux.
Les autres paroles économiques sont quasiment interdites d’antenne et d’enseignement. Même la langue de l’économie toute puissante, l’anglais, est aujourd’hui obligatoire dans des universités et écoles de commerce françaises au mépris des lois républicaines sur la langue française. Rappelez-vous qu’en son temps le latin permettait à l’église d’exclure le peuple ordinaire de la compréhension de ce qui était exprimé.

« L’économie libérale » est bien un dogme.

La séparation des dogmes et de l’état n’a pas vu venir ce dogme, qui s’est accaparé l’émission monétaire conduisant à des dettes catastrophiques, imposant sa vision des services publiques, contraire aux choix populaires, imposant sa logique de gouvernement, transmettant sa bible via ses « prêtres » embauchés dans les grands médias qu’ils se sont appropriés.

Le résultat est évidement catastrophique dans la répartition des richesses, de même que l’église toute puissante a eu son temps d’apothéose financière, ce dogme conduit au désastre dans la gestion de la planète ou l’écologie hurle en vain ses alertes, dans la gestion des ressources, eaux, mines, terres, forets, océans…

C’est aussi ce qui s’est passé dans les états staliniens, quand un dogme politique s’est imposé aux lois de l’état considérant comme blasphème ou folie toute critique du régime et à l’exclusion au goulag des différences.

Dans les deux camps cela a été possible car ces dogmes gardent quand même un aspect constructif de gestion sociale, apothéose de la consommation dans un camp, efficacité des services publics et sociaux dans l’autre, mais leur expression dans la loi rend de fait hors la loi tous ceux qui sont d’un avis contraire, considérés comme marginaux, anormaux, malades, ils se retrouvent jugés, parqués, détruits (Les USA pays dit de la « liberté » ont le plus fort taux d’incarcération au monde !) Cela pousse les peuples qui se sentent rejeté par le système en place, à se réfugier vers les leurs, vers leurs indépendances régionales, vers le communautarisme, leurs origines ou leurs religions, et finit par conduire à des crises, des révoltes, des guerres.

Sur quels principes ce dogme économique est-il fondé ?

L’économie est construite sur la recherche du rendement maximal, alors l’entreprise n’est viable que si elle réalise une marge.
Cette marge est obtenue si un produit ou service est vendu plus cher qu’il ne vaut à fabriquer. C’est une forme de légalisation du vol, car vendre quelque chose, plus cher qu’il ne vaut signifie qu’un des acteurs de l’échange est perdant, le gagnant augmente sa puissance financière et devient encore plus efficace à dégager de la marge. Ainsi la répartition des richesses devient absurde les plus riches s’enrichissent les plus pauvres s’appauvrissent. Comme au bout d’une partie de poker, le gagnant finit par tout posséder et doit se délocaliser ailleurs pour trouver des joueurs sinon la partie s’arrête faute de joueurs.

Cette logique non régulée s’emballe et se casse, elle va ainsi d’euphories en crises, où seules des guerres peuvent remettre les compteurs à zéro en cassant tout.

L’entreprise est suivant cette logique astreinte à une rentabilité, l’évaluation de cette entreprise se résume à la mesure de ce qu’elle rapporte à ses propriétaires. La structure de l’entreprise est une structure dictatoriale, le salarié ne signe qu’un contrat de soumission. Pire encore, il verra son travail rémunéré moins cher qu’il ne vaut pour permettre à l’entreprise de dégager cette marge qui nourrit les actionnaires. Il ne peut même plus acheter ce qu’il aura fabriqué.

La notion de propriété, droit inviolable et sacré s’applique pleinement dans l’entreprise, ce droit est quasiment sans limites. Ses devoirs sont de plus en plus réduits avec moins d’état, avec des démocraties sans pouvoirs, des droits du travail chaque jour diminués, la fin des services publics, le refus du partage, etc.

Le pouvoir des entreprises s’exprime aujourd’hui en pouvoir absolu. La pratiqué des plus grandes banques du monde montre qu’elles sont capables de renverser des gouvernements, manipuler des peuples en définissant ce qu’ils doivent penser, de juger et interdire ce qu’elles veulent, de décider des lois, qu’ils définissent eux-mêmes hors toute expression démocratique. L’économie actuelle s’approprie le pouvoir et tue la république.

Alors que faire ?

Considérons que l’économie n’est pas la recherche du rendement maximal mais la recherche de l’équilibre des échanges, seule condition pour assurer la pérennité des échanges.

De là se reconstruit une autre notion de la propriété droit sacré oui mais enrichi de limites et de devoirs.

Ceci conduit à des réponses très concrètes, ainsi les actionnaires qui bénéficient des résultats d’une entreprise doivent être personnellement responsables des actes qu’elle accompli pour leur profit, pollutions, accidents, malversations, etc.

Cela conduit à considérer l’entreprise comme une structure manifestement collective, qui doit être évaluée sur suivant son utilité sociale pour tous (propriétaire, salariés, clients fournisseurs, voisinage) et non suivant le bénéfice quantitatif engranger par ses seuls propriétaires. Avec une logique de ce type, qui sera coté en bourse Emaus socialement très utile ou Dassault marchand d’armes ?

Oui cela induit à une évaluation comptable de l’entreprise incluant des données qualitatives, mais cela tombe bien car nous n’avons pas besoin aujourd’hui de plus de quantité de vie mais de plus de qualité de vie.

Le dogme qui impose que la monnaie soit émise par les banques doit aussi être revu, l’économie est au service des hommes pour répondre à leurs besoins, mais aujourd’hui elle a mis les hommes à son service pour répondre aux besoins de la finance par le levier de la dette. Séparons des lois de l’état ce dogme monétaire, rendons aux peuples ce droit régalien d’émission monétaire.

Pour éviter qu’un courant d’idée s’approprie tous les pouvoirs, construisons une démocratie en séparant 5 pouvoirs. En plus du législatif, de l’exécutif et du judiciaire, rendons indépendant le langage par un pouvoir médiatique indépendant rassemblant les médias, l’instruction publique et al recherche scientifique. L’économie remise à sa place doit elle aussi être indépendante pour pouvoir s’équilibrer avec les autres pouvoirs et être contrôlée par eux au lieu de tous les mettre au pas comme actuellement.

Appliquons la laïcité totalement et séparons tous les dogmes des lois de l’état, ne plus mettre hors la loi qui pense autrement, ne plus mettre la loi au service d’une conviction.

La qualité d’une démocratie se mesure au bien être du plus faible de tous ses membres.
(Constitution Suisse)

Page écrite le 20 novembre 2014.

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