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Brouillons pour une constitution



Quand l’état pratique le travail au noir !


Lorsqu’un conflit social cherche sa solution, lorsqu’il veut relancer l’emploi d’une catégorie de professionnels, l’état a souvent tendance à proposer une exonération de contributions sociales. C’est pratique, efficace en apparence car l’économie réalisée par les employeurs rend possible la maintient des emplois, mais est-ce une bonne méthode ?

Personnellement cela ressemble à un patron qui pour garder un employé arrêterait de payer les contributions sociales, bref qu’il embaucherait ce salarié au noir, sauf que dans ce cas c’est l’état qui le lui autorise, donc c’est l’état lui-même qui génère le travail au noir.

Les entreprises de leur coté savent souvent trouver des moyens plus ou moins partiels pour réduire ces contributions sociales trop cher, avec des stagiaires ou des contrats plus ou moins exonérés ou simplement avec des moyens de rémunérations échappant aux charges.

Les individus, les entreprises et l’état lui-même pratiquent plus ou moins une forme de travail au noir, c'est-à-dire un travail qui ne paye pas sa part de contributions sociales.

L’égalité, devise républicaine, est bafouée par ces pratiques, comment une entreprise peut-elle être considérée comme viable si elle ne participe pas comme les autres à la solidarité sociale ? Même le salarié payé ainsi, touche un salaire équivalent aux autres mais lorsqu’il bénéficiera des aides sociales, il n’aura pas payé sa part, donc les autres devront payer pour lui, et devront donc cela augmentera leur part.

Pour aider les uns, finalement les individus, les entreprises et l’état lui-même pénalisent les autres, qui auront encore plus de difficultés à tenir face à cette concurrence déloyale, et ils tomberont à leur tour au chômage que l’état allégera peut-être par une nouvelle exonération.

Bref ce cercle vicieux entraîne que plus il y aura d’exonérations, plus il y aura de problèmes d’emplois. C’est l’état lui-même qui pratique une forme de travail au noir, qui avoue ainsi que les contributions sociales restent l’un des handicaps entrainant un faible taux d’emploi, des délocalisations grandissantes, et une recrudescence du travail illégal qui a son tour envenime le problème.

L’économie est un ensemble où tout est relié, dans cette complexité, la solution proposée entraine bien qu’ayant des apparences positives entraine souvent des effets contraires au but recherché ; Ainsi payer plus de policiers pour assurer plus de sécurité, entraine un coût social plus élevé que les entreprises ne pourront assumer qu’en limitant les embauches ce qui entraîne plus de désœuvrés qui accroitront alors l’insécurité.

De même lutter contre le travail au noir ne fait qu’augmenter celui-ci, car cette lutte se paye elle aussi, comme pour les policiers ci-dessus, et si le fautif se fait prendre parfois, il s’arrangera en général avec plus d’efficacité, en se faisant embaucher par exemple au noir par une entreprise conciliante qui ne déclarera plus que le minimum suffisant pour se couvrir au moment du contrôle. Le travail au noir devient outil de gestion de l’entreprise elle-même, ce qu’elle pratique volontiers à chaque fois qu’elle le peut, en rémunérant en partie ses salariés par tous les moyens possible qui allègent ses contributions sociales.

Lutter contre le travail au noir n’a aucune signification en tant que tel, cette pratique n’est que le reflet d’un disfonctionnement social dont la cause n’est pas dans les acteurs qui ne jouent que les cartes qui leurs permettent de s’en sortir avec plus ou moins de morale ou de réussite. C’est le disfonctionnement qui conduit à ces pratiques individuelles ou étatiques, qu’il faut réfléchir et corriger. Tant que le social coûtera trop cher sur les fiches de paye, tant qu’il engloutira en plus des sommes énormes pour gérer toute une infrastructure chargée précisément de s’occuper des chômeurs ou rmistes issus de ces coûts sociaux prohibitifs, cette société s’enfoncera de plus en plus dans l’impasse.

Pour corriger cette dérive apparemment insoluble, il existe des solutions : Par exemple déplacer les prélèvements sociaux de la production à la consommation, toutes les explications de ces solutions sont proposées sur ce site dans les pages traitant de la TAC [ lien : "www.trazibule.fr/tac-sans-chiffres.php" ] ou de la TEB. [ lien : "www.trazibule.fr/teb.php" ].


Information du Canard Enchainé (29 juin 2011)

Quand je vous dis que le travail au noir n’est pas une illégalité des petites entreprises, mais qu’il est avant tout pratiqué au plus haut niveau de l’économie, lisez cet article ! Il est même surprenant qu’une entreprise comme Bouygues se face prendre, le travail au noir est tellement banalisé qu’elles ne prennent même plus de précaution ! Si vous pariez sur une réaction des autorités et de la justice, méfiez-vous vous perdrez votre pari ! Au passage réfléchissez à la qualité du travail fourni et à la sécurité du futur réacteur nucléaire EPR, si une entreprise est capable de faire cela à propos de la législation du travail, imaginez comment elle se comportera avec les instantes censées la contrôler !


Page écrite le 27/04/2009 modifié le 30/06/2011